L’emploi est la principale préoccupation des Français. Chômage des jeunes, chômage des aînés, le marché de l’emploi semble nous dire que l’on serait opérationnel professionnellement entre 30 et 45 ans. Apparence trompeuse et paradoxale que cette vision d’une vie professionnelle réduite à une quinzaine d’année alors que l’on nous serine à longueur de temps qu’il faut travailler plus et plus longtemps pour équilibrer nos régimes de retraites, augmenter la productivité de nos entreprises…..
C’est une vision idéologique, dogmatique, simpliste qui pousse le gouvernement à montrer les demandeurs d’emplois comme des profiteurs, à les humilier et à les jeter en pâture à une vindicte publique, relayée par une presse complètement à côté des réalités sociales, qui prend pour argent comptant des contre-vérités manifestes pour qui voudrait s’intéresser « sérieusement » à la question.
Personne ne peut en effet gagner plus, en bénéficiant des aides sociales, que quelqu’un qui travaille. Les minima sociaux français ne sont pas les plus élevés d’Europe, loin s’en faut. La réalité est toute autre : la survie est devenue le quotidien de millions de Français.
Mais ces boucs émissaires sont d’autant plus utiles à ce qui se voudrait une pensée dominante partagée qu’ils sont silencieux;
qu'ils se taisent. Paradoxe des paradoxes, on tente de nous faire croire que les victimes de l’ordre économique sont des privilégiés. Mais les chiffres sont têtus et parlent d’eux-mêmes :
2,4 millions de pauvres ont moins de 18 ans, 4 sur 10 ont moins de 25 ans, 54 % sont des femmes, 700 000 personnes sont sans domicile, dont 140 000 SDF. 4 millions de personnes vivent
sans complémentaire santé et 5 millions ont eu recours aux associations caritatives en 2010, la liste est longue des dégâts du Sarkozisme.....
Voilà le bilan au bout d’un quinquennat où l’être humain n’aura été qu’une variable d’ajustement au service des profits de quelques uns. Or au lieu de remettre en cause un système qui exclut et sous l’effet de la propagande contre les assistés, ceux qui travaillent (et notamment dans ce 2ème marché du travail fait de petits boulots, de travail à temps partiel, de SMIC exonéré des cotisations sociales, etc., et craignent pour leur travail veulent d’abord mettre l’assistanat à distance et sont moins enclins à trouver aux demandeurs d’emploi des circonstances atténuantes, comme si non content d’en baver, il faudrait que l’on appuie sur la tête de ceux qui en bavent plus pour qu’ils en bavent encore plus.
Face à ce constat accablant, il faut lutter contre la précarité qui frappe avant tout les jeunes, les femmes et les salariés les moins qualifiés. Pour ce faire, il faut augmenter les cotisations chômage des entreprises qui usent et abusent des contrats précaires, et sanctionner les entreprises qui ne respectent pas l’égalité des carrières professionnelles et des rémunérations entre les hommes et les femmes, notamment par la suppression des exonérations sociales.
Pour favoriser l’emploi, il est nécessaire de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires, sauf, sans doute, pour les Très Petites Entreprises (T.P.E.) pour lesquelles cette mesure reste indispensable pour pouvoir répondre aux carnets de commande.
Il faut, en négociation avec les partenaires sociaux (ces corps intermédiaires que le candidat continue de piétiner allègrement comme il l'a fait quand il n'était encore que Président), prendre des mesures très concrètes pour sécuriser les parcours professionnels, afin que chaque salarié puisse se maintenir dans l’entreprise ou l’activité économique et accéder à la formation professionnelle.
Pour dissuader les licenciements boursiers, il faut renchérir le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs actions. Il faut d’autre part que les salariés puissent saisir la justice quand l’intérêt de l’entreprise et de ses salariés sont en jeu.
Adossées à une réforme fiscale qui s’attaque aux plus nantis, ces mesures d’urgence permettront, parmi d’autres, de reconstruire une société plus apaisée, plus confiante en elle-même et en son avenir. Comment peut-on croire, qui peut croire que M. SARKOZY est le mieux à même de le faire alors qu’il a fait tout le contraire depuis 5 ans ?
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