L'auteur

Vincent BAUDOIN

 

vbaudoin

 

"Réflexions sur la politique en général

et sur la gauche en particulier "

 

Secrétaire de section du Parti Socialiste

du Pays de Bécherel

Conseiller Fédéral P.S. d'Ille et Vilaine 

 

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Economie - emploi

Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 12:52

L’emploi est la principale préoccupation des Français.  Chômage des jeunes, chômage des aînés, le marché de l’emploi semble nous dire que l’on serait opérationnel professionnellement entre 30 et 45 ans. Apparence trompeuse et paradoxale que cette vision d’une vie professionnelle réduite à une quinzaine d’année alors que l’on nous serine à longueur de temps qu’il faut travailler plus et plus longtemps pour équilibrer nos régimes de retraites, augmenter la productivité de nos entreprises…..

 

C’est une vision idéologique, dogmatique, simpliste qui pousse le gouvernement à montrer les demandeurs d’emplois comme des profiteurs, à les humilier et à les jeter en pâture à une vindicte publique, relayée par une presse complètement à côté des réalités sociales, qui prend pour argent comptant des contre-vérités manifestes pour qui voudrait s’intéresser « sérieusement » à la question.

 

Personne ne peut en effet gagner plus, en bénéficiant des aides sociales, que quelqu’un qui travaille. Les minima sociaux français ne sont pas les plus élevés d’Europe, loin s’en faut. La réalité est toute autre : la survie est devenue le quotidien de millions de Français.

 

Mais ces boucs émissaires sont d’autant plus utiles à ce qui se voudrait une pensée dominante partagée qu’ils sont silencieux; qu'ils se taisent. Paradoxe des paradoxes, on tente de nous faire croire que les victimes de l’ordre économique sont des privilégiés. Mais les chiffres sont têtus et parlent d’eux-mêmes : 2,4 millions de pauvres ont moins de 18 ans, 4 sur 10 ont moins de 25 ans, 54 % sont des femmes, 700 000 personnes sont sans domicile, dont 140 000 SDF. 4 millions de personnes vivent sans complémentaire santé et 5 millions ont eu recours aux associations caritatives en 2010, la liste est longue des dégâts du Sarkozisme.....

 

Voilà le bilan au bout d’un quinquennat où l’être humain n’aura été qu’une variable d’ajustement au service des profits de quelques uns. Or au lieu de remettre en cause un système qui exclut et sous l’effet de la propagande contre les assistés, ceux qui travaillent (et notamment dans ce 2ème marché du travail fait de petits boulots, de travail à temps partiel, de SMIC exonéré des cotisations sociales, etc., et craignent pour leur travail veulent d’abord mettre l’assistanat à distance et sont moins enclins à trouver aux demandeurs d’emploi des circonstances atténuantes, comme si non content d’en baver, il faudrait que l’on appuie sur la tête de ceux qui en bavent plus pour qu’ils en bavent encore plus.

 

Face à ce constat accablant, il faut lutter contre la précarité qui frappe avant tout les jeunes, les femmes et les salariés les moins qualifiés.  Pour ce faire, il faut augmenter les cotisations chômage des entreprises qui usent et abusent des contrats précaires, et sanctionner les entreprises qui ne respectent pas l’égalité des carrières professionnelles et des rémunérations entre les hommes et les femmes, notamment par la suppression des exonérations sociales.

 

 Pour favoriser l’emploi, il est nécessaire de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires, sauf, sans doute, pour les Très Petites Entreprises (T.P.E.) pour lesquelles cette mesure reste indispensable pour pouvoir répondre aux carnets de commande.

 

Il faut, en négociation avec les partenaires sociaux (ces corps intermédiaires que le candidat continue de piétiner allègrement comme il l'a fait quand il n'était encore que Président), prendre des mesures très concrètes pour sécuriser les parcours professionnels, afin que chaque salarié puisse se maintenir dans l’entreprise ou l’activité économique et accéder à la formation professionnelle.

 

Pour dissuader les licenciements boursiers, il faut renchérir le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs actions. Il faut d’autre part que les salariés puissent saisir la justice quand l’intérêt de l’entreprise et de ses salariés sont en jeu.

 

Adossées à une réforme fiscale qui s’attaque aux plus nantis, ces mesures d’urgence permettront, parmi d’autres, de reconstruire une société plus apaisée, plus confiante en elle-même et en son avenir. Comment peut-on croire, qui peut croire que M. SARKOZY est le mieux à même de le faire alors qu’il a fait tout le contraire depuis 5 ans ?

Par vincentbaudoin.net - Publié dans : Economie - emploi
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 20:46

Attac France,
Paris, le 6 janvier 2012
http://www.france.attac.org/articles/taxe-tobin-la-francaise-un-bluff-indecent

 

 

Henri Guaino annonce ce matin à BFM une taxe Tobin française avant la fin 2O12. De qui se moque le gouvernement ? Il y a à peine un mois le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, s’opposait au vote par le Sénat d’une telle taxe, estimant que la France "ne peut légiférer seule" car ce serait "contre-productif" et cela "nuirait à la place financière de Paris".

 

Depuis deux ans déjà Nicolas Sarkozy orne ses discours d’envolées lyriques sur la taxe Tobin. Il avait promis que le G20 de Cannes marquerait une avancée décisive : l’échec a été total. Aujourd’hui, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, il prétend la décider seul, éventuellement avec l’Allemagne. Cette annonce est purement opportuniste : elle ne vise qu’à atténuer l’effet désastreux de l’annonce de la TVA « sociale », dont chacun sait qu’elle frappera d’abord les couches populaires. Elle manque totalement de crédibilité : contrairement à ce qui se fait toujours avant d’introduire un nouvel impôt, tout indique que Bercy n’a mené aucune étude sérieuse de faisabilité pour préparer la mise en place d’une telle taxe au plan français.

 

Tous les actes de Nicolas Sarkozy – réformes fiscales, réforme des retraites, sauvetage des banques sans contrepartie, casse des services publics… - montrent qu’il gouverne pour la finance. Rappelons également que Nicolas Sarkozy a supprimé en 2008 l'impôt de bourse, qui taxait à la Bourse de Paris les transactions sur actions au taux de 0,3%. Nicolas Sarkozy joue donc de façon indécente avec le symbole de la taxe Tobin pour tenter de redresser son image de Président des riches. La manipulation politique est trop grossière pour que les citoyens se laissent abuser.

 

La taxe Tobin est possible dès 2012, en Europe, au taux de 0,1%, en incluant les produits dérivés et (contrairement au projet de la Commission européenne) les transactions sur les devises, pour freiner fortement la circulation des capitaux et la spéculation et pour financer les biens publics mondiaux, à commencer par la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. La France pourrait bien sûr montrer montrer l’exemple. Mais il faudrait une volonté politique, pas un bluff médiatique

Par vincentbaudoin.net - Publié dans : Economie - emploi
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 11:22

L’Organisation de coopération et de développement économique (O.C.D.E.) vient de rendre publique son « évaluation et ses préconisations économiques pour la France ». Fidèle à ses traditions, cette noble institution,  distille ses conseils sur les « bonnes » politiques ultra-libérales dans ses cahiers théoriques et ses notes de conjonctures diverses, en s’appuyant sur les théories, issues des écoles de pensées économiques les plus conservatrices et réactionnaires au monde.

 

Il n’est donc pas étonnant que les préconisations proposées aillent toutes dans le même sens. Amis Français, nous sommes trop payés, il y a trop de fonctionnaires, on paye trop d’impôts, nous sommes trop protégés, etc., etc., etc. Toujours les mêmes rengaines, qui doivent conforter dans leurs théories les Alain Madelin, Gérard Longuet, Alain Griotteray, Alain Minc, Jean Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde, et j’en passe, proches ou au pouvoir depuis 10 ans  dans notre pays.

 

Le programme prône une R.G.P.P. étendue aux trois fonctions publiques, comme au champ de la protection sociale. Il pointe un niveau trop élevé su SMIC (mais, tiens donc, pas des retraites chapeaux et autres gentillesses réservées à nos pauvres patrons du CAC 40), ou encore le caractère trop « protecteur » du marché du travail français (pour les salariés et les chômeurs, bien sûr). En la matière, ils doivent plus puiser leur inspiration dans une nostalgie des champs de cotons du sud des Etats-Unis au début du 20ème siècle que dans l’Economie Sociale et Solidaire.

 

En matière fiscale et de finances publiques, l’OCDE n’a qu’un seul mot d’ordre : la rigueur, toujours la rigueur, encore la rigueur, avec un bon moyen pour faire baisser les déficits publics, même si les services et missions publiques doivent en payer le prix: une augmentation de la T.V.A., l’impôt essentiellement payé par les ménages le plus injuste qui soit, mais l’OCDE n’en a cure, comme tous les gens de droite et du « centre », elle ne fait pas de politique ni d’idéologie, elle....

 

Je propose un classement à l’horizontale de ce rapport : directement à la poubelle, celle de l’histoire comme celle du Ministère des finances où Christine Lagarde doit se frotter les mains, en lisant cette prose qui vient conforter ce qu’elle applique scrupuleusement depuis son arrivée à Bercy.

 

J’aimerais bien croiser un jour ces braves gens de l’O.C.D.E.,  ne serait ce que pour savoir si  ce qu’ils écrivent ne les empêchent pas de dormir, tant l’homme et le « social » sont absents de leurs textes désastreux, dans un pays (une des grande puissance mondiale !) où le salaire médian n’est que de 1500 € par mois et 8 millions de femmes, d’hommes et d’enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

 

Avec l’O.M.C., le F.M.I. et l’O.C.D.E. nous avons là un beau trio. Ces organismes portent une lourde responsabilité sur les désastres humains, sociaux et humanitaires que leurs théories et leurs choix politiques provoquent, en faisant tout leur possible pour nous faire apparaître ces choix (qui sont des choix humains) comme des nécessités (au sens économique du terme : c'est-à-dire ce qui ne peut pas ne pas être), comme un « modèle apolitique neutre », où l’être humain n’est qu’une variable parmi d’autres.

 

A chacun ses valeurs …..

Par vincentbaudoin.net - Publié dans : Economie - emploi
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