Nicolas SARKOZY a donné mardi le coup d'envoi du déploiement de l'énergie éolienne offshore en France, estimant que cette nouvelle
filière industrielle devrait permettre de créer 10.000 emplois dans l'Hexagone.
Le chef de l'Etat a annoncé dans le même temps une série de mesures de soutien à l'industrie par une réorientation de
l'épargne vers le financement du secteur, en priorité ses PME.
"L'impératif aujourd'hui, c'est de donner aux entreprises, et notamment aux entreprises industrielles, les moyens
financiers de leur développement ", a-t-il dit à l'occasion d'une visite, la troisième depuis son arrivée à l'Elysée, aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire.
Le déploiement de l'énergie éolienne au large des côtes françaises, a-t-il dit, devra s'accompagner d'une "structuration
des acteurs du secteur afin de nous assurer que la filière française sera prête à y répondre dans les meilleures conditions".
L'Etat lancera au deuxième trimestre un appel d'offres pour la fourniture d'une capacité totale de 3.000 mégawatts
d'énergie éolienne maritime, soit l'équivalent de deux réacteurs nucléaires de type EPR et la moitié du total prévu par le Grenelle de l'Environnement, pour un investissement total de l'ordre de
10 milliards d'euros.
Cinq zones de développement ont été identifiées, dont une au large de Saint-Nazaire, les autres se situant en Bretagne
et en Normandie.
La sélection des candidats se fera début 2012 et les projets industriels constitueront un "élément très important" du
choix des entreprises, a encore dit Nicolas Sarkozy, pour qui cette nouvelle filière devrait constituer un "gisement considérable d'emplois".
"À terme, nous estimons que 10.000 emplois peuvent être créés", a-t-il indiqué. Il a encore annoncé que l'Etat
débloquerait une enveloppe de 100 millions d'euros dans le cadre du grand emprunt pour financer les programmes de recherche dans cette technologie.
S'agissant du financement des entreprises, il a confirmé la transformation du livret de développement durable en livret
de développement industriel durable et insisté à nouveau sur la nécessité d'orienter l'épargne vers "l'impératif d'intérêt général" que représente le développement de l'industrie, dont il
voudrait faire une "cause nationale". (Reuters)
Et pendant ce temps là :
En 2010, 308 nouvelles éoliennes offshores ont été installées en Europe. Une augmentation de 51% de la capacité éolienne
installée par rapport à l'année précédente, à laquelle la France n'a pas contribué, le pays ne comptant à ce jour aucune éolienne au large de ses côtes.
Les 308 installations réalisées dans neuf fermes de cinq pays différents en 2010, ont apporté quelque 883
mégawatts (MW) de nouvelles capacités de production d'électricité à partir d'éoliennes offshore. Un développement qui aura nécessité un investissement de 2,6 milliards
d'euros, note la EWEA dans un communiqué rapporté par l'AFP.
Au total, l'Europe comptait à la fin de l'année 1.136 éoliennes en mer, d'une capacité de production totale de 2.964 MW. Une énergie
qui permet d'assurer les besoins en électricité de 2,9 millions de foyers européens moyens, souligne l'association. Cette capacité est en grande partie assurée par le Royaume-Uni.
Leader européen de l'éolien en mer, il offre une capacité de production de 1.341 MW. Le Danemark fournit quant à lui 854 MW, suivi des Pays-Bas (249 MW) et de la Belgique (195
MW).
La France n'a aujourd'hui construit aucun parc au large de ses côtes. Elle s'est pourtant fixée comme objectif
d'atteindre d'ici à 2020, une capacité de 6.000 MW d'éolien offshore.
Pourquoi attendre 2012 ?
Et toujours pendant ce temps là :
le PSE demande que l’UE s’engage à atteindre un pourcentage d’énergie renouvelable de 95% d’ici 2050.
Le PSE, en coopération avec les Ministres du PSE et le groupe S&D du Parlement européen, demande au Conseil européen
d’adopter des objectifs ambitieux afin de garantir un avenir durable et plus sûr à ses citoyens :
-
Relever à 30 % l’objectif de réduction des gaz à effet de serre pour 2020
-
Relever l’objectif de pourcentage d’énergie renouvelable dans les différentes sources d’énergie à au moins 95 % d’ici
2050 en vue d’une suppression progressive de l’énergie fossile et de l’énergie nucléaire
-
Convenir d’un objectif obligatoire de réduction de la demande finale en énergie en Europe de 40 % par rapport à la demande
actuelle, jusqu’en 2050.
Si nous prenons les mesures appropriées, nous pourrions abandonner l’énergie fossile et l’énergie nucléaire dès 2050, et ainsi
réduire notre dépendance par rapport à l'approvisionnement extérieur, avoir un environnement plus propre et offrir à nos citoyens une meilleure qualité de vie.
Pour atteindre ces objectifs, nous devons soutenir directement l’énergie renouvelable, supprimer progressivement les subventions
à l’énergie fossile, adopter des objectifs contraignants en matière d’efficacité énergétique et relier entre eux les réseaux de distribution d’énergie de toute l’Europe afin que les surplus de
production d’énergie puissent être utilisés dans les autres régions.
Mais les citoyens doivent être placés au cœur de cette stratégie énergétique. Il est inutile d’investir des millions dans
l’énergie propre si les citoyens sont laissés dans l’ignorance et s’ils sont incapables de payer leur énergie.
Nous devons assurer une transition juste vers un nouveau modèle énergétique: les prix doivent rester abordables et nous devons
anticiper les effets sur le marché du travail.
Le secteur de l’énergie renouvelable requiert davantage de main-d’œuvre que les autres secteurs énergétiques, et il pourrait
générer deux millions d’emplois supplémentaires d’ici 2020. Ces nouveaux emplois pourraient être attribués à des personnes ayant travaillé dans le secteur des énergies fossiles. Toutefois, des
mesures politiques, notamment des investissements dans des programmes d’éducation et de formation ciblés, seront nécessaires afin de faciliter la transition pour les travailleurs
concernés.
Pour la première fois, cette question sera débattue au niveau européen lors du prochain Conseil européen, le 4 février.
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