L'auteur

Vincent BAUDOIN

 

vbaudoin

 

"Réflexions sur la politique en général

et sur la gauche en particulier "

 

Secrétaire de section du Parti Socialiste

du Pays de Bécherel

Conseiller Fédéral P.S. d'Ille et Vilaine 

 

Sortir, voir, ....

 

images1.jpg

 

Recommander

International

Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 11:06

Un scénario mettant en cause l'intégrité à moyen terme de l'humanité ne peut plus être exclu. Si les cuves ou les piscines stockant les combustibles irradiés des réacteurs de Fukushima cèdent sous l'effet de la chaleur, d'une explosion ou d'une réplique sismique, on verra se dégager, sous forme liquide ou gazeuse, dans la mer, dans l'air ou en sous-sol, des quantités immenses de matériaux radioactifs. Et même, s'il s'agit de l'enceinte de confinement du troisième réacteur, des quantités considérables de plutonium. Avec, alors, des conséquences certaines sur la contamination d'une partie du Japon, devenant largement inhabitable; et avec d'autres implications, moins certaines, sur la contamination de la planète entière.

 

Tout cela parce que les autorités nucléaires japonaises ont, pour des raisons de pure rentabilité financière, construit cette centrale là où il ne le fallait pas et refusé d'y installer toutes les sécurités qui leur avaient été proposées. Et parce que, depuis le début de la catastrophe, ces mêmes autorités ont accumulé erreur sur erreur dans la gestion des secours, laissant des jours durant les réacteurs sans refroidissement, causant des dommages irréparables aux systèmes de protection encore intacts et, par un mélange d'orgueil et de goût du secret, refusant longtemps l'aide internationale et ne communiquant pas la réalité de ce qu'ils savaient sans doute être, depuis le début, une catastrophe méritant une mobilisation planétaire.

 

En agissant ainsi, ces autorités ont d'abord mis en danger le magnifique peuple japonais, qu'ils ont sous- informé; et en particulier des travailleurs, mal payés, employés à des tâches extrêmement dangereuses, pour lesquelles ils n'étaient pas formés. Désormais, afin de ne pas avouer qu'ils ont menti, ces mêmes responsables refusent la coopération des spécialistes étrangers; et c'est la planète tout entière qu'ils mettent en danger.

 

Il est ahurissant que la "communauté internationale", désormais (et c'est heureux) si prompte à réagir, à s'indigner à la moindre violation des droits de l'homme, reste, dans ce cas, totalement impavide: on demande poliment aux responsables japonais ce qu'ils font; on n'insiste pas lorsqu'ils refusent notre aide; on évacue nos ressortissants; on fait des communiqués lénifiants. Pour ne pas paniquer les populations. Pour sauver l'industrie nucléaire. Pour dormir encore quelques jours tranquilles.

 

Tout cela est absurde et suicidaire. Il faut donc d'urgence mettre en place un consortium mondial de toutes les compétences. Il faut que nos amis japonais acceptent au plus vite la venue sur place des meilleurs spécialistes mondiaux de la gestion de l'après accident. Ce qui sera, d'ailleurs, le seul moyen de savoir ce qui se passe vraiment à l'intérieur de cette centrale. Il n'est plus temps de s'interroger sur le droit ou le devoir d'ingérence. Mais d'agir. 

 

Par vincentbaudoin.net - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 09:08

La Chine restreint à nouveau la liberté de la presse internationale, interdisant aux journalistes étrangers de se rendre dans des lieux de Shanghaï et de Pékin désignés comme points de ralliement par des appels à manifester diffusés en ligne.

Ces nouvelles restrictions, qui concernent les abords d'un parc populaire de Shanghaï et une rue commerçante de Pékin, interviennent alors que des reporters travaillant dans ces zones ont été attaqués et harcelés dimanche. Les incidents survenus à Pékin dimanche constituent "la pire agression contre la presse étrangère depuis les Jeux olympiques de 2008", dénonce Bob Dietz, coordinateur pour l'Asie du Comité pour la protection des journalistes, basé à New York.

 

Selon le Club des correspondants étrangers de Chine, les journalistes de 15 organes de presse qui tentaient de travailler près de l'artère commerçante ont eu des problèmes. Certains ont rapporté que du matériel avait été confisqué ou détruit, souligne l'association dans un communiqué publié lundi.

 

Bloomberg News a précisé qu'un de ses journalistes avait été agressé par cinq agents de sécurité en civil, et sa caméra saisie. Un journaliste de la BBC a de son côté raconté avoir été malmené avec un collègue par des hommes en civil.

 

Ces incidents se sont produits alors que des appels anonymes à manifester chaque dimanche dans de nombreuses villes chinoises sont diffusés sur Internet, des messages inspirés par les mouvements de contestation dans le monde arabe.

 

Les journalistes étrangers ont traditionnellement une plus grande liberté pour travailler en Chine que leurs collègues chinois. Mais ceux qui ont voulu prendre des photos ou tourner des vidéos dans la rue commerçante de Wangfujing dimanche à Pékin ont été avisés qu'ils devaient obtenir au préalable une autorisation spéciale. Un photographe de l'Associated Press a également été informé mardi que les abords de la place du Peuple à Shanghaï étaient soumis au même régime.

 

Les mesures de sécurité sont toujours très strictes début mars à Pékin à l'occasion de la session annuelle du Parlement, les dissidents étant souvent assignés à résidence ou arrêtés pour interrogatoires. La session législative commence samedi.

 

Les nouvelles restrictions sur la presse apparaissent toutefois comme un pas en arrière alors que des règles instaurées avant les Jeux olympiques de 2008 permettaient aux reporters étrangers de travailler librement n'importe où dans le pays, à l'exception du Tibet. Auparavant, ils devaient obtenir l'aval des autorités pour tout déplacement à caractère professionnel.

 

Lors d'une conférence de presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Jiang Yu a affirmé que les règles n'avaient pas changé. Elle a précisé que les journalistes voulant travailler dans la zone de Wangfujing à Pékin devaient obtenir l'autorisation d'une administration locale. : "C'est un quartier commerçant animé et des journalistes étrangers rassemblés là-bas longtemps et en grand nombre, (auraient) affecté le trafic et l'ordre public", a-t-elle dit.

 

Un cameraman d'AP qui avait obtenu l'autorisation de la police locale de filmer à Wangfujing mardi n'a pas pu approcher du restaurant McDonald's devant lequel des protestataires étaient conviés à se réunir dimanche par des appels en ligne. Un policier a justifié l'interdiction de filmer par des chantiers de réparations et de construction, même si aucuns travaux n'étaient visibles. On ignore si des personnes ont tenté de manifester à Wangfujing dimanche.

 

Des messages en ligne apparus il y a près de 15 jours sur un site Web chinois basé à l'étranger appellent les Chinois à se rassembler pacifiquement dans des lieux tous les dimanches pour promouvoir la justice et la démocratie. L'appel a été renouvelé lundi, ciblant 35 villes chinoises contre 27 auparavant.

 

Reste qu'en raison du système de filtrage et de contrôle d'Internet instauré par les autorités, la plupart des Chinois n'ont pas connaissance de ces appels à manifester. (Sources Associated Press)

 

Le virus de la démocratie qui sévit dans les pays du Maghreb ferait il peur à la Chine ? Sans aucun doute, mais que cela se sache à l'extérieur, encore plus .....

Par vincentbaudoin.net - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 22:18

Après le peuple tunisien, c’est le peuple égyptien qui s’est soulevé pour chasser un dictateur corrompu et sans scrupules. Sa victoire ce vendredi 11 février est celle de tous les peuples du monde en quête de liberté et de justice. Elle marque sans doute un tournant dans l’histoire contemporaine.

 

La corruption, les inégalités, la hausse des prix alimentaires ont nourri la haine du pouvoir. Les marchés financiers ont apporté une contribution certes involontaire mais décisive à la chute de Ben Ali et de Moubarak, en déclenchant l’actuelle vague spéculative sur les matières premières agricoles, qui sème l’exaspération dans de nombreuses régions dont l’Afrique du Nord. Le néolibéralisme montre chaque jour qu’il n’est nulle part un modèle économique socialement soutenable.

 

En l’absence de toute réelle opposition structurée, malgré une faible tradition de société civile autonome, les citoyens tunisiens et égyptiens insoumis ont su auto-organiser leur révolution et conquérir pacifiquement une légitimité si indiscutable que les militaires n’ont pas osé tirer. La police des dictateurs a certes tué des centaines de personnes, mais la révolution a su rester non violente. Par l’occupation inlassable de l’espace public, par la participation massive des femmes, par l’appropriation de l’Internet, par l’invention populaire permanente de slogans, d’images, de banderoles, d’affiches, de poèmes, de mots d’ordre, par la grève générale aussi, et malheureusement parfois par des suicides, les peuples sont devenus acteurs de leur vie, acteurs de leur histoire. Ils ont réfuté l’alternative "dictature militaire ou dictature islamiste" qui satisfaisait tant d’intérêts, de Tel-Aviv à Washington en passant par Paris et Téhéran. "Nous regardions la télévision, maintenant c’est la télévision qui nous regarde", disait hier un manifestant de la place Tahrir.

 

La liste des dictatures à faire tomber est encore longue - dans le monde arabe et ailleurs - et la série n’est sans doute pas close. L’Algérie et le Yémen aujourd’hui ont posé les premières pierres de leurs révoltes contre la tyrannie. Mais après la Tunisie et l’Egypte, on peut penser que rien ne sera plus comme avant. La pierre angulaire du dispositif néo-conservateur - l’instrumentalisation facile du terrorisme, de la pseudo "guerre des civilisations", etc.- est gravement fissurée. Un autre monde est en train de naître : celui de la coopération des peuples et des mouvements sociaux du monde entier pour instaurer partout une société plus juste et plus démocratique, contre les dictatures policières et financières. Tous les dictateurs et les tyrans peuvent trembler ; quand les peuples sont en marche, malgré les morts, rien ne peut les arrêter, car ils n'ont plus rien à perdre : de la richesse nationale, ils n'ont que les miettes.

Par vincentbaudoin.net - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés