L'auteur

Vincent BAUDOIN

 

vbaudoin

 

"Réflexions sur la politique en général

et sur la gauche en particulier "

 

Secrétaire de section du Parti Socialiste

du Pays de Bécherel

Conseiller Fédéral P.S. d'Ille et Vilaine 

 

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Europe

Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 22:18

La résonnance des mouvements populaires en Espagne, en Grèce, et dans d'autres pays d'Eurpoe a d’ores et déjà poussé les partis socialistes et verts européens à une expression publique contre la nouvelle gouvernance économique européenne. C'est un bon premier pas qui appellera nécessairement des initiatives et des propositions concrètes :

 

"Aux prises avec une crise qui menace l'existence même de l'euro, l'Union européenne s'apprête à prendre des décisions qui seront lourdes de conséquences pour l'avenir de l'Europe et de son économie. Les propositions actuellement sur la table pour le "paquet gouvernance économique" représentent, selon nous, une remise en cause sans précédent des valeurs et des principes fondamentaux de notre destin commun: la solidarité, la justice sociale, l'égalité des chances et le développement durable. Au nom de la nécessaire responsabilité budgétaire face à la crise, ces choix idéologiques mettent en péril la cohésion sociale entre Européens et notre capacité commune à assurer la transition écologique de nos économies. En particulier, ces choix risquent de sacrifier toute une génération de jeunes à travers bon nombre d'Etats membres, touchés très durement par le chômage et se sentant de plus en plus exclus et rejetés au lieu de pouvoir participer pleinement à la construction de leur avenir.

 

Il est évident pour nous qu’assurer la soutenabilité des finances publiques est un objectif politique essentiel : celles-ci sont un instrument clé au service de biens communs tel que la cohésion sociale ou la préservation de l’environnement. Et il est vrai que la crise que nous vivons aujourd’hui a détérioré très significativement les finances publiques en Europe. Même si le secteur public a sa part de responsabilité, les causes de cette crise sont avant tout à trouver dans le secteur privé: accroissement des inégalités salariales, endettement privé excessif, et bulles spéculatives générées par une industrie financière irresponsable.

 

Les mesures annoncées ne répondent pas à ces difficultés. Au contraire, elles sont injustes, inefficaces et inappropriées. En nous coupant de notre avenir commun, il nous renverrait à des temps que nous pensions révolus à jamais - celui des égoïsmes nationaux exacerbés, celui des injustices sociales criantes, et celui des extrémismes en tous genres. Il ne réussirait qu'à transformer la crise économique actuelle en crise politique.

 

Les Européens doivent se réveiller tant qu'il est encore temps, en renouvelant leur adhésion aux valeurs fondatrices dans une perspective d'avenir volontariste et commune. Nos sociétés ne survivront pas à des années de déclin économique et social, suscité par des politiques d'austérité aveugles. Dans cette logique, il reviendrait principalement aux salariés de supporter le poids de la crise en subissant des réductions de salaires. Au contraire, collectivement, tirons enfin les vraies leçons de la crise qui nous a frappés. Les spéculateurs de tous bords se sont nourris d'une absence de règles et de mécanismes de surveillance forts. Imposer aux gouvernements européens une cure d'austérité brutale et s'attaquer aux salaires ne ferait que renforcer cette fragilité, au lieu d'y remédier. De surcroît, renforcer un système de sanctions financières sur ces bases ne ferait qu'alimenter l'hostilité entre pays. La zone euro doit défendre sa monnaie commune et soutenir impérativement ses membres en difficulté, ce qui constitue un enjeu vital pour l'Europe toute entière.

 

Que les majorités conservatrices au Conseil des ministres et au Parlement européen qui veulent imposer une telle fausse solution prennent enfin conscience de leur erreur. Nous devons dans ces moments difficiles pour les Européens faire preuve d'audace et d'imagination, en formulant une réponse politique nouvelle et différente. Il est possible de retrouver la maîtrise des finances publiques sans tuer notre développement économique et les investissements dans des domaines tels que l'éducation, la recherche ou les énergies renouvelables, et sans alimenter l'injustice sociale et l'exclusion. Il est possible de retrouver des marges budgétaires nécessaires en étant innovant et courageux. Pour cela, il faut tout d'abord que tous les Etats membres contribuent à cet effort en commun - tant les pays en surplus que ceux en déficit commercial. Dans tous les pays, il faut ensuite protéger les investissements publics productifs de l'austérité budgétaire, rassembler sous forme d'Euro-obligations une partie de la dette des Etats membres pour en réduire le coût global, et mettre en place les bases d'une politique fiscale européenne commune, garante de recettes justes, efficaces et durables. Il s'agit d'alléger la charge fiscale sur les revenus du travail et de renforcer celle sur les revenus du capital, de combattre efficacement la fraude fiscale, de créer une véritable fiscalité écologique, et d'instaurer enfin une taxe sur les transactions financières. Les gouvernements européens doivent veiller à ce que les salaires élevés et les revenus du capital contribuent justement à l'effort général de consolidation budgétaire, pour éviter que les salariés à revenu faible ou moyen ne subissent l'essentiel de cet effort.

Il ne s'agit pas de plaider pour des solutions simplistes ou irresponsables, mais de mettre en place un projet de modernisation économique grâce à des politiques responsables, équilibrées, intelligentes et pleinement respectueuses des valeurs sur lesquelles repose le projet européen. Nous en appelons à tous ceux qui partagent ces convictions de se mobiliser avec nous, en signant cet appel, pour donner à l'Europe une autre politique de sortie de crise qui la renforcera, au lieu de l'affaiblir davantage."

 

Martin Schulz (Président de l'Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen)

Rebecca Harms (Co-Présidente du Groupe des Verts/Alliance libre européenne)

Daniel Cohn-Bendit (Co-Président du Groupe des Verts/Alliance libre européenne)

Poul Nyrup Rasmussen (President of the Party of European Socialists, former Prime Minister of Denmark)

Philippe Lamberts (Co-Président du parti des Verts européens)

Monica Frassoni (Co-Présidente du parti des Verts européens)

Jacques Delors (ancien président de la Commission européenne)

Bernadette Ségol (General Secretary of the European Trade Union Confederation)

Sigmar Gabriel (Président du SPD, Allemagne)

Martine Aubry (Première Secrétaire du PS français)

Claudia Roth (Bundesvorsitzende Bündnis 90/Die Grünen, Germany)

Pierluigi Bersani (Secrétaire général du Partito Democratico, Italie)

Elio Di Rupo (Président du PS belge)

Cécile Duflot (National Secretary, Europe écologie/les verts, France)

Caroline Gennez (President of sp.a, Belgium)

Sarah Turine (Co-Chair, Belgian Green Party Ecolo)

Wouter Van Besien (Chair, Belgian Green Party (Groen)

Massimo D'Alema (Président du FEPS; ancien premier ministre d'Italie)

Jürgen Trittin (Group leader of the Greens in the German Bundestag)

Mário Soares (former President and former Prime Minister of Portugal)

Stephen Hughes (Vice-chair of the Progressive Alliance of Socialists and Democrats in the European Parliament)

Rovana Plumb (Vice-chair of the Progressive Alliance of Socialists and Democrats in the European Parliament)

Udo Bullmann (Coordinator of Socialists and Democrats, Economic committee, European Parliament)

Sven Giegold (Coordinator of Greens, Economic committee, European Parliament)

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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 17:45

ATTAC FRANCE, le 19 Mai 2011.

 

« Ce que nous vivons, ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie ! » C'est à présent au tour des espagnols de se soulever contre les « potions amères » des gouvernements européens et l’impunité des banquiers.

 

Inspirée par les mouvements démocratiques dans les pays arabes, la population se soulève de façon spontanée. Réunis sous le mot d'ordre « Pour une vraie démocratie, maintenant ! », des centaines de milliers d’Espagnols, en premier lieu des jeunes, se sont retrouvés dans les rues de plus de soixante villes du pays. Les manifestants dénoncent la précarisation, le pouvoir de la finance et l'irresponsabilité, voire la complicité des responsables politiques. Ils demandent, surtout, que la crise soit payée par ses principaux responsables, notamment l'industrie financière et bancaire.

 

Les mobilisations ont commencé le dimanche 15 mai, et depuis trois jours, les manifestants occupent la place de la Puerta del Sol, à Madrid. A l’inverse des médias français, qui semblent avoir fait l’impasse sur la mobilisation, la presse espagnole reprend largement les slogans de ceux qui se réclament du « mouvement du 15 mai ». « Il y a des alternatives politiques, il suffit juste de les réinventer. Sans violence, mais avec fermeté » clament ainsi les manifestants. La mobilisation doit se poursuivre au moins jusqu'au 22 mai, jour des élections régionales et municipales en Espagne.

 

L’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Irlande subissent de plein fouet les politiques antisociales promues par l'Union européenne et le Fonds monétaire international et appliquées en l’absence de tout débat démocratique : coupes franches dans les dépenses publiques, baisses des salaires, des retraites et des minimas sociaux, démantèlement des services publics... Des politiques qui sont amenées à se généraliser avec la nouvelle « gouvernance économique » qui s’apprête à être votée en juin au Parlement européen.

 

Pourtant les résistances se multiplient : Au Portugal, le défilé de la « génération fauchée » a rassemblé des centaines de milliers de manifestants en mars. En Grèce, les grèves générales se succèdent. Celle du 11 mai a été très suivie, avec des dizaines de milliers de manifestants qui s’opposaient aux mesures d’austérité injustes – qui ont par ailleurs prouvé leur ineptie en plongeant le pays plus profondément dans la récession.

 

Il est temps de dire non ! C’est pourquoi Attac France, avec les Attac d’Europe, a lancé une pétition contre les politiques d’austérité de la nouvelle gouvernance économique européenne (http://www.france.attac.org/non-la-gouvernance-economique-du-pacte-pour-leuro), et se rendra au Havre ce week-end à l’occasion du contre-G8 afin de clamer haut et fort que les peuples doivent passer avant la finance.

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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 18:36

symboleMis sous pression par d’importantes mobilisations populaires, les députés portugais ont rejeté le nouveau (et quatrième !) plan d'austérité présenté par le premier ministre Socrates, qui a dû démissionner. Cette crise illustre l'impasse dans laquelle s'enfonce l'Union européenne avec ses politiques d'austérité forcenée destinées à "rassurer les marchés financiers". Les chefs d’État et de gouvernement européens ont pourtant entériné aujourd'hui 25 mars le « Pacte pour l’euro », qui aggrave les contraintes communautaires sur les politiques budgétaires, sociales et salariales en Europe au mépris du débat et des procédures démocratiques.

 

Ainsi, les budgets publics des pays européens seront soumis au contrôle préalable de la Commission. Gare aux gouvernements qui hésitent à réduire l’emploi public, la protection sociale, les services publics, les salaires. Gare à ceux qui ne « flexibilisent » pas leur marché du travail ou qui ne réduisent pas la fiscalité sur les revenu des capitaux.

 

Alors que les syndicats européens ont manifesté hier contre ces mesures, les lobbies industriels européens, tel BusinessEurope, applaudissent des deux mains et "ne comprennent pas l'hostilité envers ce Pacte". Mais leur victoire pourrait être plus difficile que prévu. La réaction du Parlement portugais rappelle à la dure réalité : il existe encore en Europe des instances démocratiques qui doivent rendre compte à la population, et non aux seuls spéculateurs.

 

Le Portugal pourrait payer le prix fort pour son refus d’un quatrième plan d’austérité : l’agence de notation Standard & Poor’s vient de dégrader sa note. Les taux d'intérêt sur la dette portugaise, qui approchent déjà 8%, risquent d'augmenter encore, obligeant le Portugal à accepter la « solidarité » européenne, assortie d’un plan d’ajustement structurel drastique décidé entre l’UE et le FMI.

 

L’heure n’est pourtant pas à la résignation : les mobilisations populaires se multiplient, au Portugal – avec l'inédite marche des précaires («Geracao rasca») – comme dans de nombreux pays européens, pour s’opposer à cette « gouvernance économique » qui pousse jusqu’à l’absurde les politiques néolibérales menées en Europe depuis des décennies. Les syndicats européens se mobilisent : après la manifestation du 24 mars avec 20000 personnes à Bruxelles, une nouvelle manifestation européenne est prévue le 9 avril à Budapest.

 

Attac France se mobilise aussi dans cette contre-offensive populaire européenne. Nombre de comités locaux s’associent au « Tour de France des économistes atterrés » afin de faire connaître les enjeux et les dangers du Pacte pour l’euro. D’autres initiatives et mobilisations suivront afin de mettre en avant de véritables alternatives pour une autre Europe.

 

 

Attac France,
Paris, le 25 mars 2011
http://www.france.attac.org/articles/avec-les-peuples-portugais-et-europ-ens-non-au-pacte-pour-leuro

 

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