Je n’aime pas cette idée malsaine qui voudrait qu’un bénéficiaire du R.S.A. soit un profiteur des dispositifs d’aides sociales. Le discours de Nicolas SARKOZY de mardi est la chute d’une mauvaise pièce en trois actes, selon une méthode vieille comme le monde
Le premier acte a débuté en mai dernier quand Laurent WAUQUIEZ en parlant du « cancer de l’assistanat », proposait de revenir au travail obligatoire non rémunéré pour les bénéficiaires du R.S.A. L’objectif était bien de laisser la polémique enfler, puis de se dégonfler, mais l’essentiel était là : ancrer cette idée dans les esprits.
L’acte deux nous a été proposé par le député du Nord, qui présente une version plus édulcorée, plus « soft », qui apparaît comme plus mesurée, dans le genre : c’est mieux que si c’était pire. Mais sur le fond, la proposition d’un contrat de 7 heures obligatoires, s’inspire de la même conviction à droite : celle de se défausser du chômage sur les chômeurs. Pourquoi faudrait-il contraindre, sous menace d’une privation de R.S.A., un bénéficiaire à travailler si ce n’est parce que l’on pense qu’il s’est installé confortablement dans un chômage volontaire. L’accusation d’assistanat ne peut être acceptable qu’en situation de plein emploi. Les chômeurs ne sont pas les responsables du chômage mais ils en sont les victimes.
Le troisième acte de ce navet est donc tombé avec ce discours à vomir de celui qui est encore le Président, de moins en moins de Français, nous confirmant cette idée aussi sotte que stupide.
Je crois fermement que nos politiques d’insertion doivent amener les bénéficiaires du R.S.A. à retrouver un emploi. Mais je crois aussi que cette proposition est complètement irréaliste. Même les Anglais, qui ne sont pas des adeptes patentés de l’idée d’aide sociale y ont renoncé. Par pur pragmatisme, il faut le dire, car ces politiques coûtent fort cher, et je me demande où M. SARKOZY compte trouver des postes de travaux d’intérêt général de 7 heures pour ces 150 000 contrats futurs.
S’il y a des besoins non satisfaits, et il y en a, mieux vaut structurer des vrais emplois à temps plein et en C.D.I. A moins que cette proposition ne cache une volonté plus électoraliste : faire disparaître les bénéficiaires du R.S.A. de la catégorie A et faire ainsi baisser les statistiques du chômage dans la perspective des prochaines élections présidentielles.
L’expérience du Contrat d’Insertion – Revenu Minimum d’insertion (CI RMA) en Ille et Vilaine, les conventions successives avec Pôle-emploi, les conventions signées avec différents partenaires pour le suivi des bénéficiaires du R.S.A. engagés dans une démarche artistique, ont montré clairement qu’un réel accompagnement est la clé d’une réelle insertion professionnelle. De nombreux départements, dont l’Ille et Vilaine se sont engagés dans cette voie de manière volontariste. Plutôt que de stigmatiser les chômeurs, la droite ferait mieux de donner enfin les moyens à Pôle emploi de fonctionner correctement pour apporter l’aide nécessaire au retour à l’emploi.
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