L'auteur

Vincent BAUDOIN

 

vbaudoin

 

"Réflexions sur la politique en général

et sur la gauche en particulier "

 

Secrétaire de section du Parti Socialiste

du Pays de Bécherel

Conseiller Fédéral P.S. d'Ille et Vilaine 

 

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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 17:11

28 octobre 2011... Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis  a appelé les Grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.


Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Theodorakis a averti que si la Grèce se soumettait aux exigences de ses soi-disant « partenaires européens », c’en serait « fini de nous en tant que peuple et que nation ».


Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une « fourmi » face à ces « partenaires », alors que le peuple le voit comme « brutal et offensif ».


Si cette politique continue, « nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre ».


Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Théodorakis a également adressé une lettre ouverte  aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux… grecs.


Extraits:


Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…)


Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.


Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance.


Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes.


 Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. (…)


 Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour.


Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes.


Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit.


Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme.

Par vincentbaudoin.net - Publié dans : Emotion
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 21:43

Pour que la France retrouve le chemin de l’espérance
Appel lancé par Stéphane Hessel et Edgar Morin
sur Mediapart, le 19 octobre 2011


1. Nous constatons que la force libertaire de la jeunesse, utilisant les moyens informatiques nouveaux, a été capable d’abattre des despotismes dans les pays arabes, d’y réveiller tous les âges et toutes les classes sociales, et qu’elle est devenue une force déferlante d’indignés sur la planète, défiant les pouvoirs, notamment le pouvoir sans entraves du capitalisme financier. Si cette force est apte à provoquer des ruptures et des éveils, il lui manque une pensée politique capable d’ouvrir une voie qui unisse les forces vives des peuples sur un chemin d’espérance. C’est la formulation d’une telle pensée que nous proposons aux candidats.


2. Comme la France n’est pas seule dans le monde et que son destin en dépend en partie, elle devrait proposer une réforme de l’ONU qui la rende apte à traiter les conflits en cours, dont le douloureux conflit israélo-palestinien, et qui instituerait trois instances planétaires dotées de pouvoirs :
- pour surmonter la crise mondiale actuelle en régulant véritablement son économie ;
- pour protéger la biosphère dont la dégradation accélérée dégrade les conditions de vie de l’humanité ;
- pour entreprendre l’élimination des armes de destruction massive.


3. Comme la France est dans l’Union européenne, elle devrait y militer pour y développer une politique commune de protection de ses populations, de développement de ses coopérations, d’intégration des immigrations, et de justes propositions pour la paix dans le monde.


4. La politique en France devrait avoir pour orientation le « bien vivre » qui englobe et dépasse le bien-être matériel pour restaurer une qualité de vie de plus en plus dégradée.


5. Une telle politique pourrait, en même temps, traiter la crise économique et réduire le chômage en développant des mesures appropriées pour :
- juguler la spéculation financière ;
- combiner la mondialisation de coopérations et d’échanges à une démondialisation de protection des intérêts vitaux locaux, régionaux, nationaux ;
- opérer une vive croissance de l’économie verte, de l’économie sociale et solidaire, du commerce équitable, et une décroissance parallèle de l’économie du futile, du jetable, du gaspillage, elle-même liée au développement d’une consommation désintoxiquée ;
- favoriser la croissance de l’agriculture et de l’élevage fermiers et biologiques et la décroissance de la grande exploitation industrialisée.


6. Une telle politique entreprendrait la réduction des inégalités, notamment par une réforme fiscale et la création d’un observatoire des inégalités, qui ferait annuellement ses recommandations.


7. Une telle politique opérerait une régénération de la solidarité notamment en instituant dans toutes les villes de maisons de la fraternité et en établissant un service civique de solidarité.


8. Une telle politique inciterait à une débureaucratisation des administrations et des entreprises par décompartimentation des travailleurs et restitution de leurs possibilités d’initiative.


9. Une telle politique inciterait à la démocratie participative en instituant des conseils de gouvernance urbaine et municipale, comportant élus, administrateurs, professions compétentes et citoyens.


10. Une telle politique comporterait une réforme de l’enseignement à tous niveaux de façon à ce que les problèmes fondamentaux et globaux, qui nécessitent des compétences polydisciplinaires y soient enseignées dès les petites classes. Elle répondrait à ce que prescrivait Jean-Jacques Rousseau : « Enseigner à vivre ».


11. Toutes ces réformes devraient s’entre-compléter et converger en un grand dessein qui ouvrirait à la France le chemin de l’espérance.


12. Un Président de la République doit d’abord prendre acte des grands défis devant lesquels se trouve notre monde, où la France a sa place et sa responsabilité (l’énergie, l’eau, la faim, le climat, la pollution, etc.). Il doit avoir le courage de réduire drastiquement les énormes dépenses inutiles ou nocives, comme les dépenses d’armement et de guerre et l’investissement nucléaire, et de réduire tous les énormes gaspillages qui empêchent l’essor d’une économie saine et productive. Il doit savoir que d’immenses ressources humaines sont inemployées, qu’il y a dans le peuple de France, s’il est rendu à l’initiative et à l’espérance, de très grandes potentialités créatrices. La nouvelle politique se mettra au service des citoyens, et ceux-ci se mettront à son service.


Nous sommes au seuil d’une nouvelle Histoire humaine et déjà partout, notamment dans les jeunes générations, naissent des initiatives porteuses d’un futur d’espérance.
Stéphane Hessel et Edgar Morin
Paris, le 19 octobre 2011

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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 11:22

Par Jean Louis Tourenne, Président du Conseil Général d'Ille et Vilaine, le 15 Mars 2011.

 

"Parce que nous ne pouvions rien faire pour éviter cela, parce que cela touche des villes entières, des régions entières, tout un pays, le séisme qui a frappé le Japon, le tsunami qui en est la conséquence, nous concerne, évidemment.

Nous vivons, avec ces millions d’hommes et de femmes, ces évènements de manières douloureuses, presque intimes. 
 
Ce sont là des évènements, au même titre que le tsunami de 2004 ou le séisme à Haïti, qui par leurs importances interpellent l’ensemble des femmes et des hommes qui font le genre humain car ils nous ramènent -c’est presque une banalité que le dire- à notre échelle. Celle d’une espèce qui a appris à maitriser son environnement, à le manipuler, à le tordre à son image, mais qui ne peut rien lorsque la nature sa manifeste dans les dimensions qui sont les siennes : c’est à dire immenses.
 
Nous sommes admiratifs, d’abord, du sang-froid des Japonais qui ont affrontés les évènements avec une détermination et un courage sans faille. De la peur, oui, mais jamais de panique. De l’angoisse, bien sûr, mais sans jamais céder. De la solidarité, enfin, car la société et la culture japonaise sont construites sur ce concept d’amae, ce sentiment de loyauté, de fidélité, d’interdépendance qui structure toute la société, qui fait la cohésion de tout un peuple. C’est peut être pour cela, aussi, que les Japonais étaient prêts.
 
Par ailleurs -pourquoi ne pas le dire?- nous ne sommes pas encore dans le temps du débat. Ce n’est pas le moment de tirer des conséquences sur la politique énergétique de la France. Il est trop tôt pour porter des accusations ou faire l’étalage de ses convictions qui se verraient validées par les évènements japonais.
Oui, l’énergie nucléaire est une énergie qui présente des dangers. Oui, ce qu’il se passe à Fukushima ressemble à une sombre répétition de l’avenir.
Mais pour l’instant, il faut du silence, seule chose que les morts attendent. Il faut proposer ce dont les Japonais ont besoin avant tout : de la solidarité.  


La solidarité de Rennes, jumelée avec Sendai, l’une des villes les plus touchées par la catastrophe. La solidarité de toute l’Ille et Vilaine, territoire où vit une communauté japonaise très active, des entreprises qui investissent et innovent, des expatriés –et je sais combien la distance avec leurs pays peut leur être, dans cette situation, douloureuse-.
Je veux leur assurer de notre présence, de notre amitié et de notre soutien. J’ai rappelé lors de la commission permanente du Conseil général, qui s’est tenu hier, que nous mettions à la disposition des autorités japonaises les moyens du SDIS 35 dont il pourrait avoir besoin.
 
Le journal « Le Monde », hier soir, parlait d’un moment « Churchillien » pour ce pays. Le terme est juste : le peuple japonais a rendez vous avec lui-même, doit se mobiliser pour son avenir, reconstruire et surtout tenir. Gageons qu'il sortira par le haut d’une crise dont nous n’avons pas encore fini de mesurer les conséquences."
 

Par vincentbaudoin.net - Publié dans : Emotion
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